La bénédiction-exorcisme de la médaille de Saint Benoît : guide
La médaille de Saint Benoît a son propre rituel de bénédiction, plus solennel qu’une bénédiction d’objet de piété ordinaire. Approuvé par le Pape Benoît XIV en 1742, ce rituel comporte plusieurs prières d’exorcisme préliminaire — la médaille étant elle-même bénie pour devenir un instrument efficace contre les puissances du mal.
Pourquoi un rituel particulier pour cette médaille ?
Toutes les médailles de saint ne sont pas bénies de la même manière. Pour une médaille miraculeuse ou de saint Christophe, le prêtre récite simplement la prière de bénédiction d’un objet de piété (Benedictio rerum sacrarum) du Rituel romain : quelques lignes, une aspersion, c’est terminé.
La médaille de Saint Benoît, elle, dispose d’une bénédiction propre, plus longue, qui inclut explicitement des prières d’exorcisme. La raison est simple : la médaille est conçue dès l’origine comme un instrument de combat spirituel. Sa formule centrale — Vade Retro Satana — est une parole de réfutation du démon. Le rituel transforme donc la médaille en sacramental « exorcisé ».
Cette spécificité a été reconnue officiellement par le Pape Benoît XIV par le bref « Quod a Nobis » du 24 mars 1742.
Le déroulé du rituel — étape par étape
La cérémonie est conduite par le prêtre, vous n’avez aucune action liturgique à exécuter, sinon répondre « Amen ».
- Salutation liturgique. « Adjutorium nostrum in nomine Domini » (Notre secours est dans le nom du Seigneur).
- Première prière d’exorcisme. Le prêtre exorcise d’abord la matière même de la médaille (le métal, la frappe).
- Bénédiction principale. Le prêtre invoque l’intercession de Saint Benoît, demande à Dieu la protection contre les pièges du démon.
- Aspersion d’eau bénite. En récitant « Asperges me, Domine, hyssopo ».
- Encensement (facultatif). Dans certains rituels solennels.
- Conclusion. « Per Christum Dominum nostrum » — « Amen ».
La cérémonie complète dure entre cinq et dix minutes.
Où et à qui demander la bénédiction
La bénédiction-exorcisme peut être célébrée par tout prêtre catholique validement ordonné. Aucun prêtre ne peut vous la refuser, c’est un sacramental ouvert à tous les fidèles baptisés.
- Votre paroisse. Présentez-vous à la sacristie après la messe du dimanche avec votre médaille.
- Une abbaye bénédictine. Solesmes, Fontgombault, Le Barroux, Saint-Wandrille (France), Maredsous (Belgique), Einsiedeln (Suisse) ou Saint-Benoît-du-Lac (Québec).
- Un pèlerinage. Lourdes, Lisieux, Paray-le-Monial ou le Mont-Cassin (Italie).
Approfondir la bénédiction d’objets sacrés
Différence entre bénédiction simple et bénédiction solennelle
La bénédiction simple est donnée par tout prêtre catholique avec la formule courte du Rituel romain (« Que cette médaille soit bénie au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit »). La bénédiction solennelle, réservée aux médailles de saint Benoît, suit le Rituel bénédictin spécifique de 1898 et inclut une longue exhortation et plusieurs aspersions d’eau bénite. Demandez-la nominativement à un prêtre bénédictin si possible.
Faut-il rebénir une médaille reçue en cadeau ?
Non, sauf si la médaille a été préalablement utilisée à des fins occultes (chose rare). Une médaille bénite reste bénite tant qu’elle n’a pas été délibérément profanée. Vous pouvez en revanche faire renouveler la bénédiction à l’occasion d’un événement majeur (mariage, baptême d’enfant, entrée en convalescence) : le prêtre prononcera alors une bénédiction d’invocation et non d’institution.
Que faire d’une médaille usée ou cassée ?
Une médaille bénite ne se jette pas à la poubelle. Trois options conformes : (1) la déposer dans la sacristie d’une église qui la brûlera ou enfouira en terre consacrée, (2) la brûler vous-même puis enfouir les cendres dans un jardin, (3) la garder précieusement dans un coffret comme relique familiale, même cassée.
⚠️ À éviter absolument
Les « bénédictions par correspondance » ou par internet n’ont aucune valeur liturgique. Une bénédiction est un acte sacramentel qui demande la présence physique de l’objet et du prêtre, ainsi qu’un acte de foi.
→ Notre Neuvaine à la médaille de Saint Benoît accompagne idéalement la démarche de bénédiction.
Et la « bénédiction collective » des médailles vendues bénites ?
Les médailles vendues comme « bénites » — c’est le cas chez Kurious Apprentice — ont reçu une bénédiction collective avant l’envoi : un prêtre bénit l’ensemble du stock selon le rituel propre, dans un geste valide et reconnu par l’Église.
Cette bénédiction collective est licite, suffisante et complète d’un point de vue liturgique. Cela n’empêche en rien — et c’est même très recommandé — de demander une seconde bénédiction personnelle à votre paroisse.
Cinq erreurs à éviter
- Croire que la bénédiction agit comme une « charge magique ». La médaille est un appui de prière, pas une pile.
- Faire bénir la médaille puis la laisser dans un tiroir. Sans usage, elle perd tout son sens.
- Demander une bénédiction « à distance ». Aucune valeur liturgique.
- Multiplier les bénédictions par superstition. Une bénédiction valide suffit.
- Confondre bénédiction et exorcisme solennel. L’exorcisme d’une personne est réservé à un prêtre mandaté par l’évêque.
N'importe quel prêtre peut-il bénir la médaille ?
Oui, tout prêtre catholique validement ordonné peut bénir la médaille de Saint Benoît selon le rituel propre approuvé par Benoît XIV en 1742.
Combien de temps dure la bénédiction ?
Le rituel complet dure entre 5 et 10 minutes : prière de salutation, prière d'exorcisme sur la matière, bénédiction principale, aspersion d'eau bénite et conclusion.
Faut-il payer la bénédiction ?
Non, jamais. Une bénédiction ne se paie pas, c'est un acte gratuit. Un don libre à la paroisse en remerciement reste une coutume bienvenue.
Si je rachète une médaille, faut-il refaire la bénédiction ?
Oui. Chaque médaille reçoit sa propre bénédiction. Une nouvelle médaille n'hérite pas de la bénédiction d'une médaille précédente.
La bénédiction reste-t-elle valide si la médaille est endommagée ?
Tant qu'elle reste reconnaissable, oui. Si elle est gravement cassée, il faut la remplacer et faire bénir la nouvelle.


